Quand on parle de la Laponie finlandaise à des Français, l’imaginaire tourne presque toujours autour de l’hiver : la neige, les aurores boréales, les huskies. C’est logique — c’est ce que vendent la plupart des brochures. Mais une question revient souvent à la fin de nos safaris hivernaux : “Et l’été, ça ressemble à quoi ici ?”
Voici la réponse, sous la forme d’une journée toute simple en juin, à Ylläsjärvi, là où nous vivons et accueillons nos visiteurs chez North Wind Lapland.
7h du matin — le soleil est déjà haut depuis longtemps
L’une des premières choses qui déroute, quand on arrive en Laponie en été, c’est que la notion d’heure perd un peu son sens. En juin, le soleil ne se couche pas. Il tourne autour de l’horizon, descend un peu, remonte. À 7h du matin, on a l’impression qu’il est midi. À minuit, on a la même impression.
On commence la journée par un café sur la terrasse en bois, face à la colline. Pas un bruit, sauf un pouillot fitis qui chante dans la forêt. Les nuits blanches ont quelque chose de très particulier : on dort moins, mais on n’est pas fatigué. Le corps se cale sur le rythme du soleil, qui ne disparaît jamais.
10h — au bord du Ylläsjoki, canne à la main
La pêche en Laponie n’a rien d’une activité de performance. C’est une excuse pour se poser au bord de la rivière, écouter l’eau et regarder ce qui passe. La rivière Ylläs, qui passe devant notre mökki – chalet traditionnel en rondin en plein milieu de la nature, est plein d’ombles, de brochets et de perches selon les endroits. On prépare quelques mouches, on lance, on attend.
Ce qui me marque toujours avec les visiteurs, c’est la première demi-heure : ils parlent, ils commentent. Et puis le silence s’installe. Le vrai silence du nord, celui qu’on ne trouve plus vraiment chez nous. C’est souvent à ce moment-là qu’on commence à comprendre où on est.
13h — baignade dans le lac
L’eau du lac, en juin, tourne autour de 16-20°C. Ça surprend les gens : la Laponie n’est pas froide en été. Les journées peuvent monter à 30°C, parfois plus. On se baigne, on flotte sur le dos, on regarde le ciel. Le fond du lac est sableux par endroits, rocailleux ailleurs. Pas de méduses, pas de bateaux à moteur qui passent, pas de plagistes. Juste l’eau, les bouleaux autour, et la colline qui se reflète à la surface.
Après la baignade, on déjeune dehors. Souvent du poisson grillé, des pommes de terre nouvelles de Finlande, un peu de pain de seigle. Rien de compliqué.
15h — une rencontre dans la forêt
L’après-midi, on part marcher sur les sentiers qui montent vers la colline d’Ylläs. C’est presque toujours là que ça arrive : un mouvement entre les pins, une silhouette beige, puis une autre. Les rennes circulent librement en Laponie. Ils appartiennent aux éleveurs sames et finlandais, mais ils vivent en semi-liberté toute l’année. En été, on les croise souvent en petits groupes, à l’ombre, en train de chercher du lichen.
Ils ne sont pas farouches, mais ils ne sont pas non plus apprivoisés. On garde une distance, on les observe, on les laisse passer. C’est un moment qui n’a pas besoin d’explication.
17h — cueillette
À cette période, la forêt commence à donner. On coupe les branches de boulot pour faire des vihta – un bouquet de jeunes branches de bouleau utilisé pendant les séances de sauna. Dans la chaleur du sauna, le baigneur se fouette ou se tapote doucement la peau avec les branches pour activer la circulation sanguine et détendre les muscles. On ramasse aussi les jeunes pousses des sapins pour faire des sirops et infusions ainsi que d’autres plantes pour aromatiser le repas du soir.
Les myrtilles arriveront en juillet, puis les airelles et les mûres arctiques (la fameuse lakka, qu’on ne trouve nulle part ailleurs). On marche avec un petit seau, on se baisse, on cueille. C’est une activité contemplative, presque méditative. On en mange autant qu’on en ramène à la maison.
Pour les champignons, il faut attendre la fin août — cèpes, girolles, lactaires. Ici, le droit d’accès à la nature (jokamiehenoikeus) permet à chacun de cueillir librement en forêt, qu’on soit propriétaire ou pas. C’est l’un des aspects culturels qui surprend le plus les visiteurs français.
21h — sauna au bord du lac
Le sauna, en Finlande, n’est pas un loisir. C’est un rituel. Tous les jours, ou presque. En été, il prend une dimension particulière : on chauffe le sauna à bois, on transpire vingt minutes, puis on sort directement plonger dans le lac. On répète trois ou quatre fois. Entre deux passages, on s’assied dehors avec une bière ou une tisane, et on regarde le soleil refuser de se coucher.
C’est probablement le moment que les gens retiennent le plus longtemps après leur voyage. Pas pour le côté spectaculaire — il n’y en a pas — mais pour cette sensation très particulière de calme total.
Minuit — le soleil est toujours là
À minuit, la lumière est dorée, comme celle d’un coucher de soleil français, mais elle ne disparaît pas. Elle reste suspendue pendant des heures. On peut lire dehors, marcher, prendre des photos, sans avoir besoin de lampe. C’est une expérience que les mots décrivent mal. Il faut la vivre une fois pour comprendre pourquoi tant de visiteurs reviennent.
Concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire ici en été ?
Voici ce que nous proposons chez North Wind Lapland entre juin et septembre :
- Pêche guidée sur le Ylläsjoki et les lacs alentour
- Pagaie sur la rivière en canoë ou kayak
- Randonnée et raquettes herbeuses sur les collines
- Journée en cabane sauvage avec repas au feu de bois
- Ateliers de cosmétique naturelle à partir de plantes locales
- Ateliers peinture dans le cadre du paysage finlandais
- Pêche sur glace dès les premiers gels d’octobre
Tout se passe en petits groupes (jamais de bus de touristes), avec un guide francophone — je suis français d’origine et guide certifié de nature en Finlande depuis 2004.
Et l’hiver, alors ?
Si vous lisez ce post en pensant déjà à vos vacances, sachez que la saison hivernale chez nous démarre fin novembre et va jusqu’à mi-avril. C’est la période des safaris en motoneige, des balades en chiens de traîneau, des sorties aurores boréales, des rencontres avec les rennes au domaine d’un éleveur same, et de la pêche sur glace. La majorité de nos visiteurs français viennent en février ou en mars — c’est le meilleur compromis entre lumière du jour, neige fiable et températures supportables.
Mais venir une fois en été, après avoir connu la Laponie blanche, c’est découvrir qu’on n’avait vu que la moitié du tableau.
Pour préparer votre séjour :
👉 Découvrez toutes nos expériences sur northwindlapland.com
📍 Tirroniementie 2C, 95980 Ylläsjärvi, Finlande
Nous sommes une entreprise sociale finlandaise : plus de 50% de nos bénéfices sont reversés à la communauté du village d’Ylläsjärvi.


